au fil de l'herbe, c'est le début. le fil de l'herbe entre mes lèvres je souffle une plainte stridente, je sonne faux pour ouvrir une brèche de gaité primitive dans l'air épais et humide.

Est-ce le cri d'un nouveau-né ou la plainte d'un agonisant?

C'est la voix de l'herbe qui comme un fil se tend toujours entre ciel et terre avec une simplicité déroutante.


Vendredi 6 juin 2008


il s'agit d'aller, de venir. il s'agit d'écrire enfin, de prendre le temps qui est toujours là autour de moi et qui glisse comme de l'eau sur ma peau imperméable et lisse tandis que j'interroge les vibrations de mon pouls sans respirer.

prendre le temps, l'absorber, en etre... broyer tout un tas de choses à faire avec la nonchalance d'un chien qui ronge son os, sans jamais quitter de l'oeil l'épaisseur des feuilles des arbres ni la température exacte du poil au soleil et à l'ombre.

un chien sachant se coucher sur les prés peut nous apprendre à nous y rouler et la quantité de paille sur nos cheveux éloigne d'autant nombre de coiffeurs désoeuvrés, coincés et survoltés, souffrants et oxygénés dont nous pouvons de fait nous priver...

le désir monte toujours par la cage d'escalier, s'échappant ensuite par la fenetre pour parfumer un peu le quartier.

autoroutes du désir incertaines de leur avenir, nos maisons regardent les arbres et envient leur sève.

elles s'écroulent virtuellement sur elles-memes, changeant de formes dans l'oubli du sommeil.

nous sommes quittes.

je sors leur chercher à manger.

cela me fera des vacances...


Jeudi 27 décembre 2007
Se lui mi amasse, potrei poggiare la testa sul cuscino, sciogliere i capelli e dormire come una bambina. Potrei giocare con le collane e muovere le gonne, farmi bella e battere i tacchi sul pavimento.

Se lui mi amasse, avremmo un altare al quale offrire gesti pagani. Come quel boa azzurro e quei fiori di plastica che le prostitute portano ad una madonnina sbrecciata, così il tempo muto e i rumori sordi del quotidiano, i retroscena intrisi di inerzia e incerti di vergogna, troverebbero casa finestre e persiane.

Se lui mi amasse, piangerei a lungo. Perché è un amore che non ricordo. Un dolore antico si sparge sui prati. Piedi bagnati. Le statue si spezzano, e tutto è acqua.

Potrei navigare. Pensieri veri, oggi, e domani, potrei tacere, potrei lavorare. Potrei amarlo, a volte lo guardo ma poi lascio stare.

Ricevo desideri, spogli ma sinceri. Abbraccio solitudine, coraggiosa e stanca. Assaporo squarci di un volere intenso. Dimentica, sorrido e lo lascio andare.


Jeudi 1 novembre 2007
Il buon senso è il punto d'incontro più evidente tra intuizione e razionalità.

Ovvero, sono gli elementi sui quali il logos conscio del pensiero cartesiano si trova spontaneamente e regolarmente d'accordo con l'intelligenza corporea, inconscia ed istintiva, senza che nessuna obiezione riesca a rimetterli in questione seriamente.

Il buon senso si manifesta in maniera "contestuale" e si esercita in determinate condizioni spazio-temporali. Come una bussola che punta verso Nord, indica una direzione relativa e per nulla assoluta, che verrà percepita diversamente a seconda del punto di osservazione. Per questo motivo è difficilmente dimostrabile la sua esistenza. Il buon senso rappresenta il "minimo comune denominatore" che armonizza le percezioni, che ci fa "sentre bene".

Negare la sua esistenza o sviluppare percorsi intellettuali che non lo assumono come base primaria è un tipico vizio della società borghese illuminista, che tende a surriscaldare il sistema nervoso cerebrale, nei suoi aspetti più superficiali (stato di veglia, caffè), ignorando le capacità cognitive di tutto il resto del corpo e degli altri stati (meditazione, attività onirica, tensione emotiva, ma soprattutto flussi e scambi energetici legati alle attività fisiche, sessuali e spirituali).

L'uso del buon senso ritrovato può grantire un notevole risparmio di tempo, parole, immagini, fantasmagorie illusorie e i loro retroscena, senza contare l'incredibile sollievo che si prova nel superamento della dicotomia tra il corpo e la mente, tra serietà e ironia, tra purismo linguistico e colore dialettale, che si può riassumere positivamente nell'espressione "parla come magni".

Jeudi 16 août 2007
tuer. manger. non, cela n'a rien de terrible. c'est quotidien, ou ça ne l'est pas.... J'ai tué pour manger. c'était cruel et plein d'amour à la fois. La chair était encore chaude alors que je la nettoyais, je la parfumais, marinade, cuisson, pas un brin de romarin de plus, pas une gousse d'ail de moins, l'arome délicat du citron. Coup de fil à grand mère pour la recette des entrailles.
Rien de plus ancien que cela. Tuer. cuisiner. manger.

Donner la mort. Un instant plus tot, l'animal est vivant. Vous décidez. vous vous arrogez le droit de décider. Non, ce n'est pas exact. C'est un cas que vous soyez son bourreau. Vous n'etes qu'une gouttelette dans l'univers qui réalise son destin animal au sein de la chaine alimentaire. Comme l'aube qui se lève chaque jour, ainsi la mort et la vie se melent.

Il faut beaucoup d'amour. Et pas mal d'humilité. Infiniment de respect. surtout après, pour cuisiner.

Les plumes sont très faciles à enlever. C'est l'instant précis où la bete se transforme en viande.
vous voyez apparaitre sous un plumage d'oiseau 2kilos de viande encore chaude.

Nous avons tous oublié que la viande est chaude. Nous l'associons aux frigidères à lumière rose des supermarchés. La viande c'est l'amour, c'est la vie. C'est le courage et l'humilité. Car nous ne sommes ni supérieurs ni inférieurs aux autres créatures. Aujourd'hui, je te tue. Demain, la mer m'avalera peut-etre.

L'industrie n'aurait jamais du violer ce mystère avec l'arrogance de sa prétendue science.
Dimanche 15 juillet 2007
elle est là. je suis là. elle est moi, je la vois. position gynécologique. sous observation du gynéco. et de moi. Qui suis en haut, dans l'air.

zoom sur son visage, visage inquiet, obscur. éclat. soudain. Le visage tremble, et s'éclaire. C'est une transformation, une illumination. Comme un orgasme, comme la vérité, ou une révélation. Tout se joue dans les yeux, dans la stupeur de la bouche, dans le sourire et la joie, le plaisir et la lumière qui émane de ce visage transformé. Guérison? Solution? Bénédiction? Mais qui a bien pu trouver la solution? ce n'est pas le gynéco, comme-ça, soudain, après tant d'années d'efforts?

Zoom arrière. arrière dans le temps aussi. elle est sur une table. sur une colline. L'époque, cela pourrait se passer vers la fin de l'antiquité, pas encore moyen-age. Au pied de la colline, un groupe de soldats armés discute. Autour de la colline, il y a des gens. Cela ressemble aux scènes de la crucifixion du christ. Fin d'après-midi, colline, femme nue exposée en position gynécologique.

Un soldat parie avec ses frères qu'il va la centrer. J'évalue la distance à 400 mètres environ. Il se trouve en contrebas, sur la gauche. Il parie et il décoche immédiatement la flèche, d'un grand arc bien tendu. Il est précis, concentré, mais ce n'est qu'un jeu naturellement. Un jeu qui pourrait centrer l'objectif.

La caméra de mes yeux suit la flèche. Les flèches ne volent pas droit dans l'air, elles font le bruit du vent. Elles oscillent, celle-ci suit une trajectoire rapide, virant un peu plus haut, un peu plus bas, fléchissant sa tige de bois come la voile tendue d'un bateau, avec la légèreté des plumes qui la décorent.

Elle vole, au ras de la colline, monte, et... apparemment, miraculeusement, arrive à destination. Précisément. La flèche rencontre le vagin. Tout se tait.

Le tour est joué.

La fable est circulaire. Retour au visage. Loi de cause à effet. Stupeur. Jeu. Colline. Soldats. Conversations. Corps-icone. Distance. Flèche. Vent. Bruit. Plume. Joie.  Correspondance. Qui transforme la victime en élue.


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