au fil de l'herbe, c'est le début. le fil de l'herbe entre mes lèvres je souffle une plainte stridente, je sonne faux pour ouvrir une brèche de gaité primitive dans l'air épais et humide.

Est-ce le cri d'un nouveau-né ou la plainte d'un agonisant?

C'est la voix de l'herbe qui comme un fil se tend toujours entre ciel et terre avec une simplicité déroutante.


Dimanche 15 juillet 2007
par exemple, le soleil couchant se couche trop vite, je saisis une torche. Il se couche vraiment trop vite. pas le temps de l'admirer. le ciel est en feu, et l'instant d'après, c'est déjà trop tard. Il fait noir.
On m'avait dit que cela se passait ainsi, par ici. On m'avait mis en garde.
Ce ne sera pas simple de trouver mon chemin maintenant. Mais je n'ai pas peur.

Je gravissais voilà un instant une colline toute ronde, une grande colline qui ressemblait à un pain bien levé. et couverte de fleurs, juste à peine un peu sèche, un peu rougie par la lumière du soir. Un patchwork de fleurs multicolores la tapissait uniformément, et mes pieds et mes mains se mouvaient rapides, car l'inclination du sol, de la terre, était parfaite pour une escalade à quatre pattes, peu élégante, sans doute, mais efficace pour atteindre le sommet, entouré de pics enneigés à perte de vue et sur la gauche un clocher. un village par où j'aurais du passer pour redescendre. Un tout petit village avec une église, typique clocher de montagne en pierre.
Durant la montée, un enfant me doublait. un enfant. pourquoi donc passer sur ma trajectoire alors qu'il avait toute la colline pour lui? Je me le demandais, mais voilà. Il était à mes trousses, alors je me suis levée debout, et je lui ai fait signe de passer, avec un sourire. Un enfant. Le roi du monde.



 c'est par le haut qu'il faut passer. l'ascenseur ne fonctionne pas, c'est-à-dire qu'il est réservé à la direction. Nous sommes au septième étage. L'étage directionnel. Je quitte le cocktail. Je voudrais descendre, mais il me faudra passer par en haut. Puis redescendre par le village.





Et ce n'est pas la première fois, tu te souviens? Tu te souviens la fois où tu étais sortie de l'immeuble par en haut, les escaliers, puis les montagnes, les aigles qui volaient, et c'était un vrai spectacle de les observer. Tu étais bien.

Mais tu avais du redescendre, furtivement, car ta chatte était en danger, elles la menaçaient. Tu devais la sauver.

Et l'histoire de la chèvre? Tous ces immeubles qui sont en bas et ce monde qui est en haut. Descendre, remonter. L'horizon ne s'ouvre qu'en sortant par les toits des derniers étages.

Cette fois-ci, aucune bete à sauver, juste un enfant. Un enfant plus rapide que toi, et qui sourit.

C'est peut etre le meme que tu tenais par la main, voila presque un an, sur une autre colline, une dune de sable, et qui avait eu peur, il s'était évanoui accroché à ta main, en assistant à la scène du serpent tuant une chatte. La morsure, l'immobilité figée de l'animal, bouche bée, poil hérissé, bave blanche et mort inévitable. Le serpent. L'enfant avait eu peur.

Les chattes meurent des morsures de serpent, craignent les aigles. Pas toi. Et les enfants grandissent. Ce n'est pas vrai qu'ils ont peur du noir. Mais le chemin, ça alors, le chemin est totalement méconnu.


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