au fil de l'herbe, c'est le début. le fil de l'herbe entre mes lèvres je souffle une plainte stridente, je sonne faux pour ouvrir une brèche de gaité primitive dans l'air épais et humide.

Est-ce le cri d'un nouveau-né ou la plainte d'un agonisant?

C'est la voix de l'herbe qui comme un fil se tend toujours entre ciel et terre avec une simplicité déroutante.


Jeudi 1 novembre 2007
Il buon senso è il punto d'incontro più evidente tra intuizione e razionalità.

Ovvero, sono gli elementi sui quali il logos conscio del pensiero cartesiano si trova spontaneamente e regolarmente d'accordo con l'intelligenza corporea, inconscia ed istintiva, senza che nessuna obiezione riesca a rimetterli in questione seriamente.

Il buon senso si manifesta in maniera "contestuale" e si esercita in determinate condizioni spazio-temporali. Come una bussola che punta verso Nord, indica una direzione relativa e per nulla assoluta, che verrà percepita diversamente a seconda del punto di osservazione. Per questo motivo è difficilmente dimostrabile la sua esistenza. Il buon senso rappresenta il "minimo comune denominatore" che armonizza le percezioni, che ci fa "sentre bene".

Negare la sua esistenza o sviluppare percorsi intellettuali che non lo assumono come base primaria è un tipico vizio della società borghese illuminista, che tende a surriscaldare il sistema nervoso cerebrale, nei suoi aspetti più superficiali (stato di veglia, caffè), ignorando le capacità cognitive di tutto il resto del corpo e degli altri stati (meditazione, attività onirica, tensione emotiva, ma soprattutto flussi e scambi energetici legati alle attività fisiche, sessuali e spirituali).

L'uso del buon senso ritrovato può grantire un notevole risparmio di tempo, parole, immagini, fantasmagorie illusorie e i loro retroscena, senza contare l'incredibile sollievo che si prova nel superamento della dicotomia tra il corpo e la mente, tra serietà e ironia, tra purismo linguistico e colore dialettale, che si può riassumere positivamente nell'espressione "parla come magni".

Jeudi 16 août 2007
tuer. manger. non, cela n'a rien de terrible. c'est quotidien, ou ça ne l'est pas.... J'ai tué pour manger. c'était cruel et plein d'amour à la fois. La chair était encore chaude alors que je la nettoyais, je la parfumais, marinade, cuisson, pas un brin de romarin de plus, pas une gousse d'ail de moins, l'arome délicat du citron. Coup de fil à grand mère pour la recette des entrailles.
Rien de plus ancien que cela. Tuer. cuisiner. manger.

Donner la mort. Un instant plus tot, l'animal est vivant. Vous décidez. vous vous arrogez le droit de décider. Non, ce n'est pas exact. C'est un cas que vous soyez son bourreau. Vous n'etes qu'une gouttelette dans l'univers qui réalise son destin animal au sein de la chaine alimentaire. Comme l'aube qui se lève chaque jour, ainsi la mort et la vie se melent.

Il faut beaucoup d'amour. Et pas mal d'humilité. Infiniment de respect. surtout après, pour cuisiner.

Les plumes sont très faciles à enlever. C'est l'instant précis où la bete se transforme en viande.
vous voyez apparaitre sous un plumage d'oiseau 2kilos de viande encore chaude.

Nous avons tous oublié que la viande est chaude. Nous l'associons aux frigidères à lumière rose des supermarchés. La viande c'est l'amour, c'est la vie. C'est le courage et l'humilité. Car nous ne sommes ni supérieurs ni inférieurs aux autres créatures. Aujourd'hui, je te tue. Demain, la mer m'avalera peut-etre.

L'industrie n'aurait jamais du violer ce mystère avec l'arrogance de sa prétendue science.
Dimanche 15 juillet 2007
elle est là. je suis là. elle est moi, je la vois. position gynécologique. sous observation du gynéco. et de moi. Qui suis en haut, dans l'air.

zoom sur son visage, visage inquiet, obscur. éclat. soudain. Le visage tremble, et s'éclaire. C'est une transformation, une illumination. Comme un orgasme, comme la vérité, ou une révélation. Tout se joue dans les yeux, dans la stupeur de la bouche, dans le sourire et la joie, le plaisir et la lumière qui émane de ce visage transformé. Guérison? Solution? Bénédiction? Mais qui a bien pu trouver la solution? ce n'est pas le gynéco, comme-ça, soudain, après tant d'années d'efforts?

Zoom arrière. arrière dans le temps aussi. elle est sur une table. sur une colline. L'époque, cela pourrait se passer vers la fin de l'antiquité, pas encore moyen-age. Au pied de la colline, un groupe de soldats armés discute. Autour de la colline, il y a des gens. Cela ressemble aux scènes de la crucifixion du christ. Fin d'après-midi, colline, femme nue exposée en position gynécologique.

Un soldat parie avec ses frères qu'il va la centrer. J'évalue la distance à 400 mètres environ. Il se trouve en contrebas, sur la gauche. Il parie et il décoche immédiatement la flèche, d'un grand arc bien tendu. Il est précis, concentré, mais ce n'est qu'un jeu naturellement. Un jeu qui pourrait centrer l'objectif.

La caméra de mes yeux suit la flèche. Les flèches ne volent pas droit dans l'air, elles font le bruit du vent. Elles oscillent, celle-ci suit une trajectoire rapide, virant un peu plus haut, un peu plus bas, fléchissant sa tige de bois come la voile tendue d'un bateau, avec la légèreté des plumes qui la décorent.

Elle vole, au ras de la colline, monte, et... apparemment, miraculeusement, arrive à destination. Précisément. La flèche rencontre le vagin. Tout se tait.

Le tour est joué.

La fable est circulaire. Retour au visage. Loi de cause à effet. Stupeur. Jeu. Colline. Soldats. Conversations. Corps-icone. Distance. Flèche. Vent. Bruit. Plume. Joie.  Correspondance. Qui transforme la victime en élue.


Dimanche 15 juillet 2007
par exemple, le soleil couchant se couche trop vite, je saisis une torche. Il se couche vraiment trop vite. pas le temps de l'admirer. le ciel est en feu, et l'instant d'après, c'est déjà trop tard. Il fait noir.
On m'avait dit que cela se passait ainsi, par ici. On m'avait mis en garde.
Ce ne sera pas simple de trouver mon chemin maintenant. Mais je n'ai pas peur.

Je gravissais voilà un instant une colline toute ronde, une grande colline qui ressemblait à un pain bien levé. et couverte de fleurs, juste à peine un peu sèche, un peu rougie par la lumière du soir. Un patchwork de fleurs multicolores la tapissait uniformément, et mes pieds et mes mains se mouvaient rapides, car l'inclination du sol, de la terre, était parfaite pour une escalade à quatre pattes, peu élégante, sans doute, mais efficace pour atteindre le sommet, entouré de pics enneigés à perte de vue et sur la gauche un clocher. un village par où j'aurais du passer pour redescendre. Un tout petit village avec une église, typique clocher de montagne en pierre.
Durant la montée, un enfant me doublait. un enfant. pourquoi donc passer sur ma trajectoire alors qu'il avait toute la colline pour lui? Je me le demandais, mais voilà. Il était à mes trousses, alors je me suis levée debout, et je lui ai fait signe de passer, avec un sourire. Un enfant. Le roi du monde.



 c'est par le haut qu'il faut passer. l'ascenseur ne fonctionne pas, c'est-à-dire qu'il est réservé à la direction. Nous sommes au septième étage. L'étage directionnel. Je quitte le cocktail. Je voudrais descendre, mais il me faudra passer par en haut. Puis redescendre par le village.





Et ce n'est pas la première fois, tu te souviens? Tu te souviens la fois où tu étais sortie de l'immeuble par en haut, les escaliers, puis les montagnes, les aigles qui volaient, et c'était un vrai spectacle de les observer. Tu étais bien.

Mais tu avais du redescendre, furtivement, car ta chatte était en danger, elles la menaçaient. Tu devais la sauver.

Et l'histoire de la chèvre? Tous ces immeubles qui sont en bas et ce monde qui est en haut. Descendre, remonter. L'horizon ne s'ouvre qu'en sortant par les toits des derniers étages.

Cette fois-ci, aucune bete à sauver, juste un enfant. Un enfant plus rapide que toi, et qui sourit.

C'est peut etre le meme que tu tenais par la main, voila presque un an, sur une autre colline, une dune de sable, et qui avait eu peur, il s'était évanoui accroché à ta main, en assistant à la scène du serpent tuant une chatte. La morsure, l'immobilité figée de l'animal, bouche bée, poil hérissé, bave blanche et mort inévitable. Le serpent. L'enfant avait eu peur.

Les chattes meurent des morsures de serpent, craignent les aigles. Pas toi. Et les enfants grandissent. Ce n'est pas vrai qu'ils ont peur du noir. Mais le chemin, ça alors, le chemin est totalement méconnu.


Dimanche 24 juin 2007

Le monde est fou dans l’erreur,

mais il est fou dans la vérité

alors qu’est-ce qu’on s’en fout ?

 

Nos déguisements sont parfumés à l’endive des bois

si gais que le soleil a décidé

que ce serait l’été. Le printemps,

puis l’été dans nos cœurs,

et puis le printemps encore après….

 

Oui, mais aussi j’ai cette peur, du fond.

      peur que ça…
      peur que
      l’instant d’après…


Surtout lorsque j’entends le bruissement du temps,

je me dis que « toujours » n’est jamais là pour nous rassurer,

toujours est abstrait,

et je ne me rassure point…

 

Mais il est interdit de rebrousser chemin….

C’est la règle la plus jolie, je trouve.

Surtout quand on avance dans le brouillard,

sans jamais savoir,

voir le détour du chemin.

 

Suivant les notes d’une partition accidentelle.

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